Définition

Le syndrome de Rett est une maladie génétique rare qui se développe chez le très jeune enfant, principalement la fille, et provoque un handicap mental et des atteintes motrices sévères. C’est la première cause de polyhandicap d’origine génétique en France chez les filles.
Les principales manifestations de la maladie :
Période d’évolution normale durant 6 à 18 mois puis période de régression avec apparition de :

  • Perte de l’utilisation volontaire des mains entre 6 mois et 30 mois et mise en place de stéréotypies des mains ;
  • Perte ou défaut d’acquisition de la marche ou marche robotisée ;
  • Troubles de la communication et retrait social dès la petite enfance ;
  • Détérioration du comportement, manifestations autistiques ;
  • Altérations sévères du langage et retard psychomoteur ;
  • Retard mental sévère ;
  • Crises d’épilepsie ;
  • Troubles respiratoires ;
  • Déformations orthopédiques ;
  • Ostéoporose…

Aucune personne ne conserve de langage, seulement 20% des patientes conservent la marche et la quasi-totalité ont besoin d’appareillages : fauteuils, corsets, attelles, verticalisateurs…
Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. La prise en charge repose sur une rééducation pluridisciplinaire quotidienne et sur le traitement spécifique de certains symptômes de la maladie (ostéoporose, épilepsie, scoliose, troubles ventilatoires…).

Le syndrome de Rett par le Pr Nadia Bahi-Buisson, Neuropédiatre

Le syndrome de Rett typique (MIM #312 750) est une encéphalopathie neurodéveloppementale très particulière, touchant essentiellement les filles, caractérisée, dans sa forme typique, par une décélération globale du développement psychomoteur, puis d’une perte des acquisitions cognitives et motrices, survenant après une période de développement normal. Il constitue la principale cause de retard mental chez la fille, avec une prévalence variable de 1/10 000 à 1/22 000 naissance féminine dans les différentes régions du monde. Le diagnostic clinique repose sur des critères cliniques qui ont été modifiés avec les années avec l’accroissement des connaissances sur les symptômes de la maladie. Malgré tout, les éléments clés du diagnostic sont toujours présents qui permettent de poser le diagnostic de syndrome de Rett typique ou classique.
Parallèlement au syndrome de Rett typique, un certain nombre de patientes présentaient certains symptômes clés du Rett, mais pas l’ensemble des signes de la maladie. Ces formes ont été dénommées « Rett atypiques ou variantes ». Selon les symptômes associés, on a ainsi pu définir 3 formes facilement reconnaissables : la forme avec préservation du langage, la forme avec épilepsie précoce et la forme congénitale.
En 1999, des mutations dans le gène codant pour Methyl-CpG-binding protein 2 (MECP2) ont été identifiées dans d’exceptionnelles formes familiales du syndrome de Rett et validées dans des formes sporadiques. Aujourd’hui on sait que les mutations et délétions de MECP2 sont retrouvées dans 95 à 97 % des cas des formes typiques. Par contraste, dans les formes atypiques ou variantes, on ne retrouve une mutation de MECP2 que dans 50-70 % des cas. Plus récemment des mutations dans d’autres loci que celui de MECP2 ont été identifiées dans des formes atypiques de Rett. Parmi celles-ci, des mutations dans CDKL5 ont été identifiées dans les formes atypiques avec épilepsie précoce. De la même manière, des mutations dans FOXG1 ont été retrouvées chez des enfants porteurs de formes congénitales.

Pr Nadia Bahi-Buisson

Neuropédiatre

Professeur Bahi-Buisson ne présente aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabriquant.